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L'Histoire
Royaumes africains
Expansion islam
Impérialisme européen
Partage du territoire
Développement au XXème siècle
 

 

Développement au XXème siècle

 

 

Période coloniale

 

Une fois les territoires pacifiés, les Européens construisirent des routes et des chemins de fer afin de faciliter l’acheminement des matières premières vers les ports. Ils firent entrer les populations dans leur système économique en instaurant un système d’impôts payables en numéraire grâce à l’introduction de cultures industrielles, dites de « rente » (arachide, coton, huile de palme, sisal), ou sous la forme de travail non rémunéré (le « travail forcé ») pour la construction des infrastructures (routes, barrages). Au cours de la Première Guerre mondiale, les territoires africains allemands furent conquis et la Société des Nations en fit des territoires sous mandat des puissances alliées. Des dizaines de milliers d’Africains furent réquisitionnés pour combattre dans les armées alliées sur les champs de bataille européens. La résistance à la guerre se limita à la courte rébellion de 1915 au Nyasaland (Malawi) conduite par John Chilembwe, homme d’église africain.

Après la Première Guerre mondiale, la colonisation accorda une plus grande attention à l’enseignement, aux services médicaux et à l’aide au développement, ainsi qu’à la sauvegarde des droits fonciers des Africains dont on voulait faire de futurs consommateurs. Néanmoins, les colonies blanches, comme l’Algérie, la Rhodésie du Sud (aujourd’hui Zimbabwe) et le Kenya, obtinrent une certaine autonomie interne. Entre les deux guerres, différentes formes de mouvements nationaux et de protestations africains émergèrent. Mais leurs activités se limitaient aux Africains d’éducation occidentale. Des partis de masse se formèrent uniquement en Égypte et en Algérie. L’Éthiopie fut envahie par les Italiens en 1936 et ne regagna son indépendance qu’au cours de la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette guerre, les Africains furent encore plus nombreux à servir dans les armées alliées, et constituèrent même la majeure partie des troupes qui remportèrent les premières victoires de la France libre (prise de Koufra, sous les ordres du général Leclerc, 1941).

 

 

Accession à l'indépendance

 

Après la Seconde Guerre mondiale, les puissances coloniales européennes étaient physiquement et psychologiquement affaiblies et la balance pencha vers les États-Unis et l’Union soviétique, deux nations dépourvues de colonies africaines.

 

En Afrique du Nord, la France se heurta dès 1947 à des revendications nationalistes violentes auxquelles répondit son refus de voir appliquer des réformes en faveur des populations locales. La guerre d’Algérie, conduite par des dirigeants comme Ferhat Abbas et Ahmed Ben Bella, commença en 1954 et se poursuivit jusqu’à l’indépendance du pays en 1962, six ans après l’indépendance du Maroc et de la Tunisie. En Afrique noire, après avoir mis en place l'Union française, la France prépara ses colonies à l'autonomie par le vote de la loi-cadre Defferre (1956), puis instaura la Communauté française (1958). Dans les années soixante, la décolonisation devint effective avec la venue au pouvoir d'anciens représentants africains à l'Assemblée nationale (Léopold Sédar Senghor au Sénégal, Modibo Keita au Mali, Félix Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire, Sékou Touré en Guinée).

Dans les territoires britanniques, le changement s’accéléra également. Les partis nationalistes, qui recrutaient dans des groupes sociaux, ethniques et économiques aussi larges que possible, commencèrent à se former. Le Soudan accéda à l'indépendance en 1956. Pendant les années 1950, les activités du mouvement terroriste Mau-Mau au Kenya et le charisme de dirigeants populaires, comme Kwame Nkrumah (Ghana) ou Julius Nyerere (Tanzanie), accélérèrent le processus. L’indépendance du Ghana, en 1957, déclencha une réaction en chaîne de revendications nationalistes.

À la fin des années 1970, presque toute l’Afrique était indépendante, sauf les possessions portugaises d’Angola, du Cap-Vert, de Guinée-Bissau, de São Tomé et du Mozambique, qui accédèrent à l’indépendance en 1974-1975 après des années de luttes violentes, à l’occasion de la révolution portugaise. La France donna l’indépendance aux Comores en 1975 (sauf à l’île de Mayotte qui avait voté contre), Djibouti l’obtint en 1977. En 1976, l’Espagne céda le Sahara espagnol qui fut alors partagé entre la Mauritanie et le Maroc. La Mauritanie ne put résister à la guérilla des nationalistes sahraouis et abandonna sa zone au Maroc en 1979. En septembre 1997, le Maroc et le front Polisario ont passé un accord sur l'organisation par les Nations unies d'un référendum d’autodétermination en décembre 1998. Le Zimbabwe accéda légalement à sa seconde indépendance en 1980 après des années de lutte. La dernière grande entité dépendante du continent fut la Namibie, qui se libéra en 1990.

 

 

L'Afrique contemporaine

 

Les nouveaux États africains furent confrontés au problème de l’État-nation. Les membres fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) établirent le principe de l’intangibilité des frontières pour éviter les conflits territoriaux qui étaient nés du découpage arbitraire des pays à la conférence de Berlin en 1884-1885.

 

Lorsque leurs pays accédèrent à l’indépendance, les mouvements nationalistes dominants et leurs dirigeants s’installèrent de manière permanente au pouvoir. Ils appelèrent à l’unité nationale et au système du parti unique pour éviter le tribalisme et le vote ethnique, en ayant parfois à faire face à des conflits sanglants, comme celui de la guerre du Biafra à la fin des années 1960. Lorsque ces gouvernements se révélèrent incapables de répondre aux attentes des peuples, l’armée occupa le devant de la scène, promettant de « remettre le pouvoir aux civils » dans un délai déterminé. Ces militaires, souvent issus des classes populaires et parfois aidés par les Occidentaux, que ce soit par des armées régulières ou par des mercenaires, se posaient en gardiens efficaces et sincères des intérêts du peuple. Le goût du pouvoir fit son œuvre et seules la dégradation économique et la pression des bailleurs de fonds occidentaux (notamment celle du Fonds monétaire international) les forcèrent à tenir leurs promesses, après bien des réélections à des taux approchant les 100 p. 100 ! Le retour au multipartisme s’est opéré progressivement au début des années 1990.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, les conflits interminables au Tchad, en Somalie, au Sahara, en Angola, au Liberia et en Sierra Leone déstabilisèrent les gouvernements. La fin de la guerre civile en Éthiopie, en 1991, fut marquée par l’indépendance de l’Érythrée en 1993. En avril 1994, des massacres ensanglantèrent le Rwanda, touchant tout particulièrement les Tutsi et les Hutu modérés, après la mort des présidents hutu rwandais et burundais dans la destruction de leur avion par un missile. Ce conflit contribua à envenimer la situation dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. En 1996, des groupes armés pénétrèrent au Zaïre et contribuèrent à développer dans l’est de ce pays une rébellion, qui progressa en 1997, renversa le régime du maréchal Mobutu et porta au pouvoir Laurent-Désiré Kabila, qui se proclama président de la nouvelle République démocratique du Congo.

Le poids politique du continent a singulièrement diminué dans le monde en raison de sa situation économique. L’Afrique n’a pas encore fini de panser les plaies des conflits liés à la guerre froide qui ont éclaté en Angola et au Mozambique. Sa grande victoire, à la veille de l’an 2000, est la fin de la politique de ségrégation raciale en Afrique du Sud au début des années 1990 et le transfert du pouvoir à la majorité noire après les élections de 1994.

 



 

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