| Les différences |
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Les dénominateurs communs des Touareg permettent de les reconnaître, de Djanet en Algérie à Madaoua au sud du Niger. Mais il existe, bien entendu, des différences sur divers plans : différences linguistiques, entre les dialectes du nord et ceux du sud ; différences quant à l’organisation politique entre les chefferies centralisées les plus fréquentes et souvent analysées à partir des Kel Ahaggar et celles plus souples de l'Aïr avec, en plus, une chefferie urbaine sédentaire représentée par le sultan d'Agadez. Différences également dans la composition de la population touarègue, avec une majorité croissante de groupes noirs d'origine servile selon un gradient nord-sud ; différences dans les types d'habitat, avec des tentes en peaux dans la partie ouest du pays touareg et des tentes en nattes végétales dans l'Aïr jusqu'aux frontières du Nigeria.
Occupant un si vaste espace, les Touareg ne peuvent vivre de la même manière au Sahara central ou au Sahel, dans les vastes plaines de l'Azawagh ou dans les massifs montagneux, dans les zones pastorales et les régions agricoles méridionales. Les Touareg du nord possèdent un élevage composé essentiellement de chameaux et de chèvres ; ceux des régions pastorales méridionales, Azawagh, Aïr, adrar des Iforas, ont des troupeaux plus diversifiés avec chameaux, vaches, brebis et chèvres. Les Touareg de l'Aïr cultivent des jardins irrigués dans les vallées du sud du massif et pratiquent le commerce caravanier entre les marchés du sud et les salines de Fachi et de Bilma qu'ils ravitaillent en produits variés et dont ils rapportent le sel et les dattes. Plus au sud encore, les Touareg deviennent des agropasteurs pratiquant agriculture pluviale à base de mil et élevage, ce qui les oblige à surveiller les troupeaux pour protéger les récoltes. La cohabitation avec d'autres éleveurs, Peul surtout, et paysans, pose de graves problèmes.
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